Les collections permanentes

La peinture de paysage

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L’attrait des peintres pour le paysage n’est pas chose nouvelle. En 1817, l’Académie instaure le prix de Rome de paysage. Du Titien à Rubens, de Nicolas Poussin à Claude Le Lorrain, le paysage occupait une place importante même si, le plus souvent, il n’était qu’un arrière plan, un accompagnement du sujet principal. À l’aube du XIXe siècle, le paysage devient un des thèmes majeurs de la peinture française.

A côté des adeptes du paysage historique et des sites imaginés à partir de ce que la nature a produit de plus beau et de plus intemporel, Lazare Bruandet ou encore Georges Michel, s’inspirent des artistes flamands et hollandais du XVIIe siècle. L’anecdote historique ou mythologique s’estompe au profit d’une représentation topographiquement exacte et de la nature peinte pour elle-même.  

Dès 1830, la nature est porteuse d’émotions et le paysage d’un état d’âme. Rejetant les aspirations intellectuelles du classicisme, tout comme les pulsions sentimentales du romantisme de la vague positiviste, nombre d’artistes se tournent vers le réalisme, dont l’impressionnisme sera la phase ultime.

Au même moment, Barbizon et la forêt de Fontainebleau accueillent de nombreux paysagistes. Narcisse Diaz de la Pena ou Jules Dupré partagent avec Théodore Rousseau la même passion pour la nature. Le réalisme semble encore trop entaché de subjectivité et il leur faut aller plus loin dans l’observation et la représentation de la nature, oublier les sentiments pour en donner une vision globale et objective, capter l’instant présent dans sa vérité atmosphérique et lumineuse.

Vers 1880, la peinture de paysage triomphe et décore les murs des maisons bourgeoises. La critique l’encense et les peintres pratiquent cette discipline à la mode. A côté des novateurs, les suiveurs parcourent campagne et littoraux. Le public aime Camille Corot, les peintres de Barbizon et les impressionnistes. Prosper Galerne, Frank Boggs, Bataille illustrent le travail de ces « petits maîtres » si prisés en leur temps.

En réaction à la peinture intuitive et impersonnelle des impressionnistes, Paul Sérusier, Charles Guilloux, Maurice Chabas…revendiquent, comme Paul Gauguin, un art plus intellectuel. Le paysage devient symbolique et élève l’esprit vers les cimes éthérées de la réflexion philosophique. Avec Armand Guillaumin, c’est un autre monde, celui de la peinture pure qui s’éloigne volontairement du réalisme.

Conscients que les Impressionnistes menaient la représentation de la nature à son point ultime, un groupe de peintres, que la critique affublera du nom moqueur de Fauves, revendique la liberté face à la nature. Intense, irréaliste et arbitraire, la couleur prend le pas sur le soucis de vérité.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, André Lhote ou Charles Lapicque affranchissent totalement la peinture de paysage de la réalité objective avant que les paysagistes abstraits, Alfred Manessier ou Jean Le Moal, ne le transforment en formes et en rythmes colorés capables, sans les figurer et par leur seule présence sur la toile, de suggérer les forces essentielles qui le composent.

Fin 2006, la famille Grellety Bosviel fit don à la Ville de Meudon de la collection rassemblée par leur fils Christian, prématurément décédé. Composée de peintures et d’aquarelles représentatives de l’histoire du paysage français depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1960, cette collection comporte trente-deux oeuvres. Cette donation complète les œuvres déjà présentes au musée et en fait une intéressante évocation de cet art pictural.

La peinture de paysage

Meudon et les peintres

L'art contemporain

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Le musée d’art et d’histoire conserve une très importante collection de peintures et de sculptures, témoins de l’activité intense d’après-guerre. Les collections du musée se sont enrichies au fil des années et des donations.

Dans les années 60, séduit par la demeure, André Dunoyer de Ségonzac offre quelques unes de ses gravures et aquarelles ainsi qu’une sculpture animalière de Mateo Hernandez. Ce sculpteur espagnol installé à Meudon, était un spécialiste de la taille directe qu’il pratiquait souvent face aux cages des animaux du Jardin des Plantes. 

Au même moment, la veuve de Jean Arp, Marguerite Arp-Hagenbach, donne la tapisserie Porte d’Oiseaux, une sculpture Amphore de Muse, des gravures et un bas-relief ainsi qu’une rare gouache de Sophie Taeuber-Arp. Le musée s’ouvre à l’art non figuratif contemporain. En 1973, François Stahly fait don de plusieurs de ses sculptures, hommages à Claude, son épouse.

De 1980 à 2010, plusieurs donations importantes enrichissent les collections du musée. Celle de Mary-Hood Jacquet-Boggs, descendante du peintre américain Frank Boggs, qui termina sa vie à Meudon, qui lègue, en 1980, une centaine de dessins et d’aquarelles, l’intégralité de son œuvre gravé, ainsi que des tableaux de cet infatigable voyageur.

En 1981, des œuvres graphiques, des dessins, des aquarelles, des gravures sur bois d’Henri Marret entrent au musée grâce à la générosité de Madame Faraut. En 1985, la comédienne Mona Doll offre plusieurs sculptures et dessins de son défunt époux, le sculpteur René Collamrini, initiateur du renouveau de la taille directe en France. En 1984, la Fondation de France cède des sculptures figuratives pleines d’humour et de fantaisie d’Hélène Guastalla. La même année, la veuve de Raymond Veysset, artiste novateur et visionnaire, donne plusieurs sculptures.

En 1989, le peintre Jean Le Moal offre plusieurs de ses œuvres, dont une grande et rare fresque Cérés. Des sculptures de Juana Mulle complètent cet ensemble. 

Le musée conserve le fonds d’atelier du sculpteur hongrois András Beck. En 1995, Éva Chevalier, veuve du critique d’art, Denys Chevalier, offre la collection du créateur du salon de la Jeune Sculpture en 1948. Plus de 130 sculptures constituent un vaste panorama de la seconde moitié du XXe siècle. De nombreux livres et documents accompagnent cette donation. L’année suivante, le peintre Raymond Guerrier donne une de ses œuvres et une suite de toiles abstraites de Francis Montanier.

En 2004, l’association des Peintres Témoins de leur Temps fait don de la collection du peintre Isis Kischka, fondateur du Salon, qui anima la scène artistique parisienne pendant plus de trente ans après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de plus 5000 dessins, dus aux plus grands artistes figuratifs de la seconde moitié du XXe siècle.

En 2005, le sculpteur Piera Rossi donne un ensemble significatif de son œuvre. Autres dons, ceux des sculpteurs Irène Zack, Eugène Scrive, Gérard Lardeur,  Etienne Hajdu, Louis Thomas-d’Hoste, ou Simone Boisecq-Longuet.

La Ville de Meudon achète aussi des œuvres : Jean Le Moal, Alfred Manessier, Karl-Jean Longuet, Dietrich Mohr, José Subira Puig ou Tetsuo Harada.  En 2010, le sculpteur Parvine Curie consent la donation d’un ensemble important de ses œuvres. 

Plusieurs sculptures monumentales sont installées dans le jardin et des pièces plus intimes ont rejoint les salles. Force, équilibre, sérénité caractérisent ces œuvres dont la rigueur formelle s’allie parfaitement à l’environnement naturel du jardin.

La jeune sculpture