Anne-Laure Constanza, pour des femmes enceintes et tendance

En 2006, Anne-Laure Constanza a créé Envie de fraise, une marque de prêt-à-porter destinée aux femmes enceintes. Depuis, ses créations ont investi les garde-robes de mamans à travers le monde, dont de nombreuses personnalités.

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Dans ses ateliers bureaux de la rue Réaumur, Anne-Laure Constanza est entourée d’une cinquantaine de collaborateurs, aussi bien community managers que stylistes, couturières, modélistes ou photographes.

Vous avez débuté votre carrière dans une maison de couture en Chine. Qu’est-ce qui vous y a amené ?

Je suis passionnée par l’histoire et la culture chinoises depuis toute petite. À 18 ans je m’y suis rendue pour la première fois pour apprendre la langue. J’ai vécu pendant dix ans entre la France et la Chine, d’abord en tant qu’étudiante, puis j’ai travaillé à l’implantation de maisons de couture françaises sur le territoire chinois. À l’issue de mes études de langues orientales, une de mes lettres de candidature est tombée entre les mains du patron d’un groupe de luxe. Il m’a fait confiance et à 22 ans j’étais responsable du marché chinois pour la maison Jean-Louis Scherrer ! En 2003 j’ai créé ma première société de conseil avec pour vocation de promouvoir le « Made by chinese », le savoir-faire des créateurs chinois qui n’était pas reconnu en France.

Installée en France, enceinte de votre premier enfant, vous lancez Envie de fraise. Comment est née cette idée ?

Enceinte, j’ai découvert la pauvreté de l’offre d’habillement pour les futures mamans : celle-ci était soit peu valorisante, soit très chère et pas moderne. Alors j’ai eu un déclic. J’ai voulu créer une marque fraîche, gaie, tendance et accessible en termes de prix. Et surtout, ma conviction était de lancer cette marque de mode sur Internet. Nous avons été une des premières au monde à s’être créées et développées sur le web. Je trouvais cela génial d’être en direct avec les clientes, sans acheteur intermédiaire. Avant même d’annoncer leur grossesse, les femmes sont déjà sur Internet. C’est là qu’elles se renseignent, s’échangent des conseils. L’idée de communauté était donc déjà là, qui s’est amplifiée ensuite avec les réseaux sociaux. Nous sommes nés avec le bouche-à-oreille.

Votre situation de jeune maman semble avoir été un obstacle au départ. Quelle a été votre position face aux investisseurs que vous sollicitiez ?

J’étais le stéréotype de la jeune maman en plein délire post-natal qui veut créer une marque dans le secteur de la maternité, sur un modèle économique innovant. On ne m’a pas fait confiance. J’ai donc démarré tout petit, en sollicitant mes propres économies et mon cercle proche. Dans ce métier, c’est la preuve par les chiffres. Pendant deux ans nous avons montré à la fois que la marque plaisait et que le modèle économique était pérenne. J’ai dû prouver que c’était sérieux. C’était d’autant plus difficile dans un milieu très masculin. D’ailleurs, la femme de mon premier investisseur était enceinte. C’est elle qui l’a convaincu.

On a vu vos vêtements portés par Natalie Portman, Anne Hathaway, Serena Williams ou Bérénice Béjo. Comment votre marque a-t-elle atterri dans leurs garde-robes ?

Bérénice Béjo a été la première à porter une de nos robes au festival de Deauville. Nous avons été très touchés. Aux États-Unis, nous avons été repérés par les stylistes ou agents de personnalités et une relation de confiance s'est créée. Par exemple, l'agent de Natalie Portman a adoré Envie de fraise pendant sa grossesse et a conseillé plusieurs robes à l'actrice. Depuis, on l’a vue porter une quinzaine de nos tenues ! Nous allons même parfois jusqu'à créer des robes sur-mesure pour certaines occasions.

Comment articulez-vous votre vie professionnelle et votre vie familiale à Meudon ?

Mes bureaux sont en plein coeur de Paris, dans un quartier en pleine émulation. J'habite Meudon depuis sept ans, cela a été une vraie révélation pour moi. J’ai eu un énorme coup de coeur pour cette ville. Elle m’apaise. C’est une ville douce. Depuis que nous sommes ici, les enfants sont moins malades qu’à Paris, ils respirent mieux. Je trouve que les relations y sont simples. Je suis assez sportive, j’ai l’habitude de courir ou faire du vélo en forêt, mes enfants aussi. Depuis quelque temps j’ai rejoint le groupe d’entrepreneurs de Meudon Valley. Nous échangeons des conseils sur nos expériences et nos problématiques. Leur événement, Meudx a été un véritable succès. C’est une ambiance très sympa et un groupe dynamique qui ne peut apporter que de bonnes choses à Meudon. MH