Chloé N'Gazi, de Meudon à Orlando

À 16 ans à peine, Chloé N’gazi faisait déjà ses premiers pas dans l’équipe féminine du Paris-Saint-Germain. Maintenant gardienne dans une équipe universitaire aux États-Unis, cette jeune forestoise a fait du chemin depuis ses débuts sur les terrains du stade Géo André. Un parcours qui suscite l’admiration. Aujourd’hui, elle vit le rêve américain !

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Chloé N’gazi a joué au poste de gardienne dans plusieurs grandes équipes, dont celle du PSG, avec laquelle elle a remporté plusieurs championnats internationaux.

À quel âge avez-vous commencé le football ?

J’ai débuté à 7 ans à l’ASM. J’en garde un super souvenir. C’étaient mes tous premiers débuts sur un terrain de foot. Il y avait une superbe ambiance avec des coachs très impliqués qui ont tout fait pour que je m’intègre. J’étais la seule fille de l’équipe à l’époque. J’ai beaucoup appris grâce à eux. À 9 ans, je suis partie à Bagneux pour jouer dans une équipe de filles. À partir de 11 ans, j’ai joué comme gardienne de but, principalement parce que je n’aimais pas beaucoup courir sur le terrain ! Et puis mon physique est un avantage quand on joue à ce poste. Je mesure 1m79 et je ne laisse jamais rien passer !

Comment avez-vous vécu votre expérience au PSG ?

C’était une expérience très enrichissante. Les sélectionneurs m’ont suivie plusieurs années alors que j’étais à Issy-les-Moulineaux. Puis ils m’ont contactée et le processus de recrutement s’est fait progressivement. J’étais très fière de pouvoir porter les couleurs de ce grand club de football et d’intégrer une équipe professionnelle. La première saison en 2014 a été un de mes plus beaux souvenirs. Nous avons remporté tous les tournois internationaux tels que la Gothia Cup ou l’Iber Cub ainsi que plusieurs championnats. Il ne nous manquait que la première place au championnat de France. Nous avons malheureusement perdu lors d’un match contre Lyon. Ça a été ma plus grosse désillusion.

Vous êtes maintenant aux États-Unis. Comment s’organise cette nouvelle vie ?

Je joue pour l’équipe de University of Central Florida, à Orlando. J’ai été repérée grâce à une agence qui met en relation les équipes françaises et celles des États-Unis. Je suis arrivée en janvier en Floride au moment où la saison se terminait, je n’ai donc pas encore disputé de match. Mais ma vie est bien remplie ! J’ai huit entraînements par semaine avec des séances de musculation. Entre temps, je suis les cours à l’université, une à deux heures par jour. Les emplois du temps sont bien aménagés et on peut bénéficier de séances de tutorat. Ce qui est difficile à vivre, c’est le mal du pays ! Pour l’instant ma vie est encore à Paris, c’est très dur d’être loin de ma famille et de mes amis pendant encore un an.

Quelle est la place donnée au football féminin aux États-Unis ?

Je suis agréablement surprise de l’évolution du football féminin ici. Ce n’est pas comparable à ce qui se passe en France ! Disons que les moyens sont équivalents à ceux mis en place pour les garçons. Le football féminin est beaucoup plus valorisé. Nous avons de vraies installations, des entraîneurs très professionnels… tout pour réussir ! C’est le rêve américain. Mais il est encore trop tôt pour dire si je veux poursuivre ma carrière ici.

Vous êtes un exemple pour les jeunes qui veulent intégrer de grandes équipes de football ! Quels conseils leur donneriez-vous ?

Je n’ai pas l’impression d’être un exemple, ni un modèle. Beaucoup d’autres joueurs, qui ont débuté à Meudon, ont rejoint des équipes professionnelles. Mais si je devais leur donner un conseil ce serait celui-ci : « Si tu veux ce que tu n’as jamais eu, tu dois faire ce que tu n’as jamais fait ». Mon père me répétait toujours cette phrase pour me remotiver et je l’ai toujours gardée en tête. Cela m’a toujours encouragée à me surpasser pour réaliser mon rêve. ME