David Jamet vous apprend à nager autrement

Ancien nageur et ingénieur informatique, David Jamet a lancé en 2013 sa start-up SWIMBOT sur une idée : l’innovation technologique au service de l’apprentissage. C’est ainsi que ce passionné de technologie et de sport a créé un petit boitier de 60 grammes aidant les nageurs du dimanche comme les plus grands champions, à améliorer leur technique. Immersion !

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Le boitier swimbot permet aux nageurs de se corriger en temps réel grâce aux signaux sonores transmis. David Jamet, fondateur de la start-up meudonnaise, et son équipe ont déjà intégré dans le boitier une dizaine d’exercices.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis un passionné de natation depuis tout petit. J’étais moi-même un bon nageur mais à 20 ans j’ai privilégié les études au sport. Les deux sont très compliqués à concilier en France. J’ai donc fait des études d’ingénieur à Grenoble, puis je suis parti aux États-Unis en 1983. En 1990, je suis revenu au pays et j’ai intégré le groupe Atos. C’est le premier partenaire informatique mondial des Jeux Olympiques. J’ai travaillé pendant 20 ans sur l’internet des objets. Pour faire simple, je travaillais sur des objets connectés capables de capter en temps réel le geste qui fait gagner un champion.

Comment vous êtes-vous lancé dans l’aventure SWIMBOT ?

Le projet s’est construit entre les États-Unis, la Chine, la France et Meudon ! Au fur et à mesure de mon parcours professionnel, j’ai réalisé que la technologie pouvait servir aux sportifs pour améliorer leur technique. La natation est le sport de vitesse le plus complexe techniquement parlant. Le BOT de SWIMBOT signifie « better on technique », « meilleur techniquement ». La phase de recherche et d’observation a été très longue. J’ai moi-même passé plus de 1 000 heures dans la piscine Guy Bey pour tester ce boitier ! Le bassin de 50 m de long est idéal pour s’entraîner. Nous avons ensuite travaillé sur l’élaboration de tutoriels dans notre local près de Bellevue. Aujourd’hui, notre start-up est soutenue par de nombreux nageurs professionnels comme Jim Montgomery aux USA et Alain Bernard en France. Il nous a beaucoup aidés dans l’élaboration des tutoriels et contribue fortement à la notoriété du projet.

Comment ce petit boitier fonctionne-t-il ?

Le boitier a pour but de révolutionner l’apprentissage du sport. C’est l’idée du « deep practice », de l’apprentissage en profondeur. Positionné sous le bonnet pendant un exercice de natation, le boitier communique des informations au nageur grâce à des écouteurs à résonnance crânienne. Le sportif sélectionne un exercice et pendant qu’il l’exécute, le boitier va envoyer des messages sonores pour lui indiquer si ses mouvements ne sont pas corrects. Dans la natation, tous les gestes au-dessus du bassin sont liés à la tête, et peuvent donc être détectés par l’appareil placé au niveau de la nuque. Le nageur apprend donc sur le moment à se corriger pour s’améliorer. Nous avons également développé une série de tutoriels réalisée par notre équipe. Nos vidéos en 3D ont été élaborées avec des professionnels et dévoilent beaucoup de secrets… comment savoir bien respirer par exemple ! J’invite tous ceux qui le souhaitent à tester cet appareil. Nous délivrons à chacun un petit diplôme !

Quels sont vos projets futurs?

Je souhaite vraiment que cette technologie puisse servir à répondre à une problématique partagé par le plus grand nombre. Et c’est pourquoi nous avons développé un programme qui s’appelle « SWIMBOT, je sais nager ». Par l’innovation technologique, nous avons les moyens aujourd’hui de lutter contre la première cause de mortalité accidentelle chez les jeunes enfants ! Trois minutes suffisent pour qu’un enfant se noie dans une piscine privée et ce drame se déroule souvent en silence. L’outil ressemblera à un bonnet de bain connecté. L’enfant qui aura suivi une formation au préalable apprendra à retenir sa respiration sous l’eau et à flotter sur le dos. En cas d’accident, le bonnet connecté lui rappellera les gestes à adopter par un signal sonore pour qu’il puisse ensuite alerter les secours. Une Swimschool à Dallas a déjà accepté de tester l’appareil une fois terminé. ME