Fiona Olivier, la musique sans frontière

En 2015, Fiona Olivier crée Musique sans Frontières pour venir en aide aux réfugiés. Trois ans plus tard, les bénévoles de l’association organisent leur quatrième concert à Meudon et font appel à toute bonne volonté pour les accompagner dans leurs projets.

Quel est votre rapport à la musique?

Je suis née à Limerick, au sud de l’Irlande. La musique est très présente dans la culture irlandaise. Mon arrièregrand-père, ma grand-mère et mon père jouaient du violon et moi aussi, au conservatoire. À 18 ans j’ai arrêté pour me consacrer à mes études, puis j’ai rencontré mon futur mari (un Français) à Dublin et j’ai travaillé à l’étranger. Nous nous sommes installés à Meudon en 1999. J’ai repris mon violon il y a seulement cinq ans, après un cancer du sein. Ça m’a beaucoup aidé à surmonter la maladie.

 

Comment est née votre association?

J’ai été très choquée par la photo d’Aylan, le petit syrien échoué sur uneplage. Je me suis demandé comment agir à mon échelle et j’ai lu dans un article qu’un groupe de musiciens anglais organisait une collecte d’instruments pour les réfugiés et migrants à Calais. Je les ai contactés, j’ai fait ma propre collecte et les ai rejoints. Nous avons joué au milieu des campements et tout de suite les gens sont venus à notre rencontre, ont chanté et joué avec nous. De retour à Meudon, j’ai créé Musique sans Frontières. Des jeunes filles Scouts sont venues me rencontrer. Nous avons eu l’idée d’un concert et très vite d’autres bénévoles se sont montrés intéressés, ce qui a formé le cœur de notre équipe actuelle, six personnes.

 

Quelles actions avez-vous mises en place?

En juin 2016, nous avons fait jouer des musiciens réfugiés avec des musiciens de Meudon et de Paris. Nous nous sommes rendu compte que, comme moi, beaucoup de Meudonnais voulaient s’engager sans savoir comment faire. Notre deuxième concert a eu lieu avec le marché de Noël solidaire. Ça a été un vrai succès ! Le gros événement a été la venue du Syrian Expatriate Philharmonic Orchestra en décembre 2017 au centre d’art et de culture.

 

Et maintenant?

Pour notre quatrième concert, nous travaillons avec l’Atelier des Artistes en Exil, une structure qui apporte une aide matérielle, juridique et administrative. Pour le marché de Noël solidaire le 8 décembre, nous faisons venir des Ouïgours, des Soudanais et des Syriens. Nous souhaitons que ce soit un moment inspirant d’espoir, de paix et de partage. Nous voulons leur redonner un peu d’humanité et la possibilité de raconter leurs histoires. Les concerts et notre vente pendant le marché nous permettent de les payer (73 % de notre budget en 2017). La Mairie nous soutient énormément, comme sur notre projet avec les classes meudonnaises et Yacouba, un musicien ivoirien. Meudon est une ville très attachante, avec une vraie vie de village comme j’ai connu en Irlande. Nous sommes portés par l’appétit des habitants, qui sont naturellement ouverts et solidaires. MH