Jean Rémy Guédon (au centre gauche) et l'ensemble Archimusic

Jean Rémy Guédon, le Val musette !

À la tête de l’ensemble Archimusic depuis plus de 20 ans, le compositeur-saxophoniste étonne par la singularité de ses projets, mêlant jazz, musique classique et contemporaine. Inconditionnel du Val où il s’est installé, il a reconverti une cordonnerie en salle de concert.

- Agrandir l'image, .JPG 1.3Mo (fenêtre modale)
À la Boutique du val, Jean-Rémy Guédon et ses musiciens d’Archimusic accueillent de petites séries de représentations musicales haut de gamme, des rencontres improvisées et des signatures d’auteurs…

Vous avez récemment ouvert la Boutique du Val. Un espace plutôt atypique à Meudon…

Atypique oui ! On a fait de cette ancienne cordonnerie une véritable pépinière de projets artistiques. Depuis le printemps dernier, nous y avons aménagé une petite salle de concerts, capable d’accueillir une trentaine de spectateurs. L’espace étant réduit, Archimusic ne peut pas s’y produire au complet. C’est donc en petites formations (duos, trios, quatuors) que les musiciens donnent des concerts les jeudis, vendredis et samedis en début de soirée. Le public y retrouve autant de styles musicaux qu’il y a de musiciens dans l’ensemble : baroque, classique, contemporain, jazz, musique du monde… Ce qui en fait un lieu où la musique vibre sous toutes ses formes.

Comment est né ce projet ?

Je suis installé depuis 1983 dans une petite maison nichée au coeur du Val. Récemment, j’ai fait l’acquisition d’un local mitoyen, qui comprenait l’ancienne boutique d’un cordonnier. Amoureux de ce quartier, j’ai à coeur de remettre un peu de vie ici… mais pas n’importe comment ! J’aspire à susciter la curiosité des Meudonnais tout en attirant les mélomanes parisiens ou des communes environnantes. L’idée est de créer un espace d’expression artistique, convivial et de proximité. Et ça marche, puisque nous avons même dû refuser du monde certains soirs. Les spectateurs viennent chez nous en voisins. Je prends toujours le temps d’échanger avec chaque nouveau visage que je croise. C’est une aventure de plus après une vie déjà bien remplie… Et ce ne sera pas la dernière ! Plus sérieusement, j’ai toujours eu besoin de me lancer dans de nouveaux projets pour avancer, probablement aussi parce que je suis incapable de tenir en place. J’ai d’ailleurs toujours refusé de m’inféoder à un style musical particulier, sûrement par peur de m’ennuyer dans ma vie de musicien. Et ce depuis tout petit ! Dans les années 1970 déjà, alors que je faisais mes gammes à la guitare, en accompagnant – l’oreille collée au transistor – Jimi Hendrix ou Johnny Winter, j’allais trop vite. Impossible de me discipliner. C’est en optant finalement pour le saxophone ténor et en épousant le jazz que j’ai trouvé la clé. Naturellement métissé, le jazz permet d’appréhender tous les styles musicaux. Un atout qui a joué en ma faveur. Au cours de ma carrière, cela m’a souvent ouvert les portes de formations de renom, de faire d’extraordinaires rencontres (Serge Gainsbourg, Mathieu Chédid, Jacques Higelin…) ou de participer à des tournées dans le monde entier (Orchestre National de Jazz).

Ce métissage musical, c’est un peu la marque de fabrique de votre ensemble, Archimusic…

Archimusic est né en 1993 de façon impromptue dans le cadre d’une série de concerts, mêlant musique classique, contemporaine et jazz. L’ensemble rassemblait alors huit musiciens d’horizons très différents, que je dirigeais et pour lesquels je composais. C’était une petite famille ! Rapidement, nous nous sommes rendu compte que cet orchestre avait un son très original, qu’il était bon de cultiver. Archimusic n’est donc pas le fruit d’une pensée individuelle du compositeur mais plutôt un « accident » collectif qui nous a finalement été utile et bénéfique.Je ne souhaitais pas travailler avec une formation à l’effectif trop important pour donner à entendre ce que d’autres faisaient déjà. Cette instrumentation me permet encore aujourd’hui de développer des mélanges. AG