Julien Olek et ses coéquipiers lors des championnats du Monde de vol relatif à huit à Dubaï, en 2012.

Julien Olek survole sa discipline

Parachutiste professionnel, c’est un compétiteur hors-pair, avec plusieurs titres majeurs, dont celui de champion du Monde de vol relatif à huit. Julien Olek, 35 ans, a posé son parachute à Meudon, en 2012.

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Julien Olek lors de son entrainement dans une soufflerie. Le ventilateur souffle un air à 200 km/h, reproduisant les conditions d'une chute réelle.

Comment avez-vous percé dans le parachutisme ?

J’ai fait mes débuts au club de Charleville-Mézières en 1999. Un jour, mon moniteur m’a sollicité pour participer à une compétition. Un des membres de son équipe était blessé et il cherchait à le remplacer. Je n’avais alors que 18 ans et 150 sauts à mon actif ! Les autres parachutistes étaient beaucoup plus expérimentés que moi. Mais tout s’est bien déroulé, à tel point qu’un entraîneur national m’a repéré. Grâce à lui, j’ai intégré le pôle espoir de parachutisme. Même si j’avais quelques prédispositions, j’ai eu de la chance.

Vous faites partie de l’équipe de France de vol relatif à huit. En quoi consiste cette discipline ?

Il s’agit d’effectuer, avec ses coéquipiers, une série de figures imposées durant les 50 premières secondes de chute libre. Celles-ci sont tirées au sort avant la compétition. Nous les répétons au sol sur des planches à roulettes en veillant à bien coordonner nos mouvements. L’objectif est de les exécuter en l’air un maximum de fois. C’est une épreuve de rapidité où l’aspect esthétique n’a pas d’importance. Pour que les juges puissent comptabiliser le nombre de figures correctement réalisées, un parachutiste filme notre prestation à l’aide d’une caméra fixée sur son casque. Chaque saut requiert une grande énergie mentale et physique. Il faut d’abord être concentré sur ses gestes, à la manière d’un skieur qui visualise sa course avant de s’élancer. En revanche, à la sortie de l’avion, il faut être très dynamique. C’est un sport extraordinaire mais pas extrême. Je n’ai déclenché mon parachute de secours que 14 fois durant toute ma carrière. Les accidents sont rares et je ne me sens pas l’âme d’un casse-cou.

Pourquoi êtes-vous le seul parachutiste professionnel de votre équipe ?

Je travaille comme moniteur de sport pour le ministère de la Défense. Je suis chargé de la préparation physique des sportifs de haut niveau. J’ai d’ailleurs participé à la création de l’Armée des champions, une instance qui regroupe 90 athlètes issus de l’Armée ou de la Gendarmerie. Le ministère m’a permis de me consacrer pleinement à ma carrière sportive, l’été dernier. Je suis passé pro à cette occasion.

De quelle manière vous entraînez-vous et quels sont vos objectifs sportifs ?

J’habite à Val-Fleury depuis deux ans, près de la piscine. Je nage quatre fois par semaine pour travailler mon endurance et muscler mon dos. Je fais beaucoup de vélo et du footing dans la forêt. Il me suffit donc de sortir de chez moi pour avoir tout ce dont j’ai besoin. En dehors de mes stages, qui ont souvent lieu à l’étranger, je m’exerce aussi en soufflerie. Il n’en existe que deux en France, à Argenteuil et à Lézignan-Corbières. Cet énorme ventilateur souffle un air à 200 km/h, reproduisant les mêmes conditions de chute libre qu’en extérieur. Plusieurs compétitions prestigieuses sont aujourd’hui lieu en indoor. Je participe en 2015 au championnat d’Europe et, en 2016, au championnat du Monde à Chicago. Après quoi, je pense mettre un terme à ma carrière.

Vous semblez beaucoup apprécier Meudon…

Ma femme et moi recherchions un environnement plus reposant que Paris pour les enfants. Je suis aussi passionné d’aviation et pilote dès que j’en ai l’occasion. Meudon n’est-il pas le berceau historique de l’aérostation ? C’était un signe ! CF