Les soeurs Djadjikian

Pétillantes et très soudées, les trois soeurs Djadjikian partagent depuis toutes petites un don pour le chant. Une passion transmise par leurs grands-parents, qui les accompagne au quotidien et qu’elles mettent également aujourd’hui au service de la culture arménienne.

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En avril 2015, les trois soeurs ont chanté en hommage aux victimes du génocide arménien, lors de la cérémonie organisée à Meudon.

Que représente le chant pour vous ?

C’est avant tout une histoire de famille que l’on doit à nos grands-parents paternels, chez qui la musique a toujours occupé une place très importante. Notre grand-père était chanteur, musicien et chef d’orchestre en Arménie tandis que notre grand-mère fait partie de la grande chorale arménienne Sipan-Komitas. Et lorsque nous étions petites, elle nous réunissait avec nos cousines et cousins pour nous apprendre des chants traditionnels ou religieux. Évidemment, elle nous faisait également chanter du Aznavour mais aussi des chansons de film ! Sans que nous nous en rendions compte, le chant était déjà en nous et toutes les occasions étaient bonnes, notamment lors des réunions et des fêtes de famille, pour organiser un spectacle de chants ou une chorégraphie.

Comment cette passion s’est-elle ensuite révélée ?

Anouche : La révélation est arrivée au collège de Meudon-la-Forêt lorsque j’ai intégré la chorale. Et c’est en grande partie à Fabienne Boulonnais, notre professeur de chant, que je la dois. Rapidement, elle m’a incitée à intégrer le conservatoire et encouragée à persévérer. Ensuite sont arrivés les concours de chants libres et imposés, qui m’ont permis de m’exprimer sur scène et de me découvrir une vraie passion pour la chanson. Nounée a ensuite pris le relais en arrivant également plusieurs fois en finale et aujourd’hui c’est Estelle qui assure la relève.
Nounée : Dès le collège, en parallèle de la chorale, j’ai commencé à réaliser des vidéos sur YouTube, où je chante seule ou avec mes soeurs. C’est drôle d’ailleurs de voir qu’aujourd’hui des gens d’Afrique, d’Amérique, d’Inde ou du Japon nous écoutent et nous encouragent.
Estelle : C’est en écoutant mes soeurs à la maison ou en les voyant sur scène au collège que j’ai aussi eu envie de chanter.

Pourriez-vous envisager de faire carrière dans la musique ?

La musique est en nous, elle nous accompagne au quotidien mais c’est avant tout une passion qui nous réunit. Nous ne cherchons pas forcément à y faire carrière parce que nous savons que c’est un métier où il est très difficile de percer et plus difficile encore d’en vivre. Maintenant, si des opportunités se présentent, nous serions évidemment preneuses. Un temps, nous avons même imaginé nous présenter à l’émission La France a un incroyable talent. Cela dit, il n’est jamais trop tard… 

Fin avril 2015, vous étiez présentes lors de la cérémonie organisée pour le centième anniversaire du génocide arménien. Quelle place la culture arménienne occupe-t-elle aujourd’hui dans vos vies ?

Elle est très présente, ce sont nos racines. Il y a tellement de belles choses dans la culture arménienne que nous aimerions davantage faire connaître et partager ! Le chant en est pour nous un moyen. Tout comme la danse que nous pratiquons au sein de la troupe Ararat, qui réunit de grands professionnels arméniens et avec laquelle nous nous produisons plusieurs fois par an lors de spectacles ou de fêtes culturelles. Les commémorations du génocide arménien ont également été pour nous l’occasion de rendre hommage à notre grand-père, décédé il y a un an, qui nous a tant apporté et que nous admirions tellement. Pour lui, nous avons réalisé un clip avec la chorale de l’association culturelle franco-arménienne, dans lequel nous interprétons un morceau du compositeur Komitas avec des paroles spécialement écrites par notre grand-mère. C’est notre manière à nous de transmettre notre culture et de la faire vivre ! MA