Lycée la Source : de retour du Népal

Vingt-huit élèves de seconde au lycée La source étaient au Népal au moment du tremblement de terre du 25 avril 2015. Ils étaient partis trois semaines pour réaliser un projet solidaire. Objectif : améliorer le quotidien de jeunes népalais. Plongés au coeur de la culture du pays, hébergés dans différentes familles, ils ont vécu une expérience humaine qui les a profondément marqués.

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Les lycéens de la Source ont repeint les murs de l’école Angel Academy et noué avec leurs homologues népalais des liens d’amitié forts.

Quel était votre projet ?

Plus de la moitié de la population népalaise vit avec moins de 2 € par jour et si 70 % des enfants vont à l’école primaire, seulement 7 % entrent au lycée. C’est donc sur le volet éducatif que nous voulions agir. Sur place, à 5 km au sud de la capitale, nous avons repeint les murs de l’école Angel Academy, qui accueille 106 enfants de 18 mois à 13 ans. Nous leur avons apporté des jouets, fournitures scolaires, tables et chaises pour équiper les classes. L’objectif était de les aider en nouant avec eux des liens d’amitié forts, de les ouvrir sur le monde, de découvrir une autre culture en dehors des chemins touristiques habituels.

Comment avez-vous préparé et financé votre séjour ?

Depuis 2007, les lycéens de La Source participent à des missions de solidarité à l’étranger, essentiellement au Pérou et en Argentine. Cette année, c’est la première fois qu’un séjour se déroulait au Népal. Notre professeur d’histoire-géo Jean-François Dubay, qui a supervisé notre projet, avait des contacts avec le directeur de cet établissement. En octobre dernier, vingt huit élèves volontaires de trois classes de seconde se sont inscrits à un atelier pour préparer cette aventure et récolter des fonds. Au-delà des actions déjà mises en place les années précédentes, nous avons organisé une tombola à Noël, vendu des crêpes, sollicité une banque qui nous a fourni stylos, gommes, trousses et accordé une bourse de 1 000 €. Sans oublier le crowdfunding (financement participatif).C’est une technique qui utilise le web pour rapprocher des porteurs d’un projet avec des donateurs. Grâce à notre page Internet publiée sur babeldoor.com, nous avons obtenu 1 300 €. Finalement, seuls les billets d’avion étaient à la charge de nos familles.

De quelle façon les Népalais vous ont-ils accueillis et avez-vous été surpris par leur mode de vie ?

Nous avons d’abord visité Katmandou pendant cinq jours avant de nous rendre à Kirtipur dans la proche banlieue. Nos familles d’accueil nous ont traités comme des rois. Les Népalais sont généreux et hospitaliers. Ils donneraient leur chemise, s’ils le pouvaient. Avec eux, nous communiquions en anglais ou par des gestes. Ils vivent dans des maisons étroites, avec bien souvent une pièce par étage. Plusieurs fois par jour, y compris le matin, ils mangent le Dal Bhat, un plat composé de riz blanc, de légumes et d’un bol de soupe aux lentilles. À Katmandou, il y a des motos et des animaux partout. C’est une ville fascinante, polluée, bruyante et magnifique à la fois.

Où étiez-vous et qu’avez-vous ressenti lors le tremblement de terre ?

Nous séjournions à Pokhara à 200 km de Katmandou. Assez loin de l’épicentre. Malgré les secousses, il n’ya pas eu de dégât dans cette région. Nous avons réalisé l’ampleur de la catastrophe en voyant les images passées en boucle à la télévision. Notre voyage touchait à sa fin et lorsque nous sommes repassés devant la célèbre place Royale de Patan près de Katmandou, elle était en partie détruite.

Votre projet a pris une autre dimension depuis ce séisme. Continuez-vous à leur venir en aide ?

Nous avons ouvert un compte PayPal (nepal2015.e-monsite.com) grâce auquel nous avons obtenu 3 000 € de dons en une semaine. Nous lançons aussi une campagne de parrainage, avec l’idée de la proposer chaque année aux nouveaux parents d’élèves. Les familles françaises versent 20 ou 30 € tous les mois et correspondent avec des personnes népalaises. CF