Michel Cozic fait revivre l'Orient-Express

Passionné par tout ce qui touche à la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, le collectionneur, également conférencier, Michel Cozic, invite les Meudonnais à bord du plus mythique des trains lors d'une exposition exceptionnelle sur l'Orient Express. Embarquement jusqu'au 27 mars.

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L'exposition sur l'Orient-Express a lieu au Centre d'art et de culture jusqu'au 27 mars 2016.

Comment est née votre passion pour la Compagnie Internationale des Wagons-lits ?

Mon grand-père et ma mère étaient cheminots. Et surtout, lorsque je devais avoir 15 ans, ma mère, qui travaillait au dépôt du Landy, a assisté au tournage du film Le Crime de l’Orient-Express. Ces ateliers de la SNCF, près de la gare du Nord, ont servi de décor pour la reconstitution de la gare d’Istanbul. En rentrant, elle me racontait les coulisses du tournage, les acteurs… Quelques années plus tard, alors que la Compagnie Internationale des Wagons-Lits commençait à réformer, ma mère a récupéré quelques objets : un fauteuil, un monogramme en bronze, une fenêtre Pullman, de la vaisselle, un panneau de marqueterie… À l’époque, j’étais un peu piqué mais pas plus que ça. La maladie ne s’est vraiment déclarée qu’en 1997, lors d’une vente aux enchères au cours de laquelle j’ai décroché une paire de fauteuils Pullman et un lot d’affiches et de documents d’époque. C’est là que j’ai commencé à faire la connaissance d’autres passionnés comme Jürgen Klein, qui possède aujourd’hui la plus belle collection d’affiches de la Compagnie Internationale des wagons-Lits.

De quoi se compose votre collection ?

Je collectionne selon plusieurs thèmes : art de la table, marqueterie, meubles, luminaires, costumes, menus, affiches…J’ai même restauré un compartiment de voiture-lit de 1930, que j’ai prêté à divers musées européens. Mes filles adoraient y regarder Le Crime de L’Orient-Express ! Aujourd’hui, j’essaie d’équilibrer ma collection en revendant certains objets une fois restaurés pour pouvoir en chiner de nouveaux.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus aujourd’hui dans ces trains ?

Je suis fasciné par la passion et la pugnacité dont George Nagelmackers, fondateur de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, fit preuve pour créer un véritable réseau de trains de luxe permettant de rallier toute l’Europe à une époque où c’était une véritable gageure. Si l’Orient-Express reste le plus célèbre, n’oublions pas le Transsibérien Paris-Vladivostok, la Flèche d’or vers Londres, le Côte-d’Azur Pullman Express ou le Sud Express vers Madrid. Autant de trains, où tout n’était que luxe, raffinement et savoir-vivre à la Française.

Vous participez régulièrement à des expositions sur l’Orient-Express, est-ce une manière de partager votre passion ?

Je ne collectionne pas simplement dans le but d’amasser. Pour moi, une collection doit vivre et être partagée. Ce n’est pas tant la valeur de l’objet qui m’intéresse, mais son histoire, ce qu’il a « vécu » et la façon dont je vais pouvoir le valoriser. Je suis aidé pour cela par de véritables artisans-restaurateurs… Leur savoir-faire redonne vie à des objets qui semblaient perdus.

Que pouvez-vous nous dire sur l’exposition qui se dérouleraà Meudon à partir du 17 décembre ?

Une façade d ’une voiture de l’Orient-Express reconstituée représente la pièce maîtresse de cette exposition. Les fenêtres serviront de vitrines derrière lesquelles les visiteurs pourront retrouver des décors,des meubles et la vaisselle que l’on trouvait à bord. De nombreux objets et documents retraçant la gastronomie, la publicité et le luxe de ces express internationaux permettront d’imaginer une époque où le voyage était aussi important que la destination. Le 17 décembre, une conférence retrace la grande et la petite histoire de ce train dans une Europe en devenir, et présente son lien particulier avec Meudon à travers l’Hôtel de Bellevue, aujourd’hui occupé par le CNRS. Plusieurs films dans lesquels l’Orient-Express tient un rôle important, sont également programmés. MA