Philéo Pruvost, jeune créateur bien dans ses baskets

À 16 ans, Philéo Pruvost vient de créer sa deuxième entreprise. Après les pièces détachées de trottinettes, le jeune Meudonnais s’apprête à lancer une marque de baskets de luxe à son nom. Rencontre avec un entrepreneur précoce et plein d’idées.

Comment devient-on entrepreneur à 13 ans?

Il faut y croire, avoir du soutien - j’ai eu celui de mes parents - et se constituer un réseau. À cet âge-là je ne pouvais pas tout savoir donc plusieurs personnes m’ont aidé, comme mon père sur la comptabilité. Ne croyez pas que je savais ce qu’était un taux de rentabilité ! Google m’a aussi été d’une grande aide (rires). Il faut trouver les gens capables d’apporter leur savoir-faire nécessaire pour concrétiser une idée. L’entrepreneuriat est loin d’être une aventure solitaire et j’ai eu la chance d’avoir un bon réseau. J’ai créé Bunker Scootering, mon premier projet, avec un associé. C’est primordial d’être entouré pour évoluer dans ce milieu. 
 

Revenons sur votre parcours, comment tout a commencé?

L’idée m’est venue car j’étais passionné de trottinette freestyle. J’avais besoin de certaines pièces que je ne trouvais nulle part donc je me suis dit : pourquoi ne pas les faire moi-même ? J’en ai parlé autour de moi, j’ai trouvé du soutien. Pour l’anecdote quand j’en ai parlé à ma mère, elle m’a répondu « présente moi déjà un business plan et on verra ce que ça vaut. » Le lendemain je suis revenu avec le fameux business plan (rires) ! Lors de la première levée de fonds j’ai pu rassembler 13 000 €, avec l’aide d’investisseurs extérieurs. Depuis j’ai cédé le projet à une nouvelle équipe.


Sur quel projet travaillez-vous en ce moment?

Je travaille sur la création de Philéo, ma marque de « sneakers » (chaussures de sport détournées pour un usage classique, ndlr) de luxe. Le luxe c’est pour ne pas avoir de limites créatives. Je veux surtout concevoir une chaussure « responsable », sans utilisation de matière animale, avec le minimum d’émission de C02 à la fabrication. En 2018 l’écologie ne doit pas être un choix mais une condition. Côté style,la chaussure sera à la fois utilitaire, sportive et agressive. On veut créer des baskets qui puissent se porter dans la rue, à la montagne ou avec un smoking. La première collection est prévue pour l’hiver 2019. Elle sera distribuée en quantités limitées dans des concept-stores à Paris, Londres et Milan. La basket est un objet de différenciation, elle forge le look. C’est devenu commun d’en porter au travail, avecun costume. Si je porte un costume Dior c’est avec une paire de Jordan 8 direct (rires)!
 

Là encore il s’agit d’une passion à concrétiser?

Oui je suis fan de « sneakers » et tout mon argent y est passé. J’ai plus d’une centaine de paires. En octobre 2016 je me suis fait une grosse blessure en trottinette au skate-park de Meudon. Je venais de rentrer en 3e et j’ai dû rester chez moi plusieurs mois. J’en ai profité pour réfléchir à ce projet, faire une sorte d’introspection créative. Début 2018 j’ai pu rentrer en stage chez Céline pour découvrir le métier. J’ai aussi rencontré ma designer et mon associé. La direction artistique, c’est ce que je préfère. Il y a toujours eu une fibre créatrice dans ma famille : mon grand père est galeriste, mes arrières grands-parents étaient peintre et pianiste et mon arrière arrière grand-père était Paul Landowski, le sculpteur qui a réalisé le Christ du Corcovado à Rio de Janeiro. CR