Reda Hamzaoui, champion meudonnais de jujitsu brésilien

Ceinture bleue autour de la taille, Reda Hamzaoui amasse les médailles après seulement trois ans de pratique du jujitsu brésilien. Il nous détaille cette discipline encore peu connue, enseignée par un club à l'esprit très fraternel à Meudon-la-Forêt.

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Reda Hamzaoui s'entraine tous les jours de la semaine dans la salle Jean Monnet, dédiée au sport de combat.

Vous avez d’abord été boxeur thaï. Pourquoi avoir bifurqué vers le jujitsu brésilien ?

Reda Hamzaoui : J’ai commencé la boxe thaï il y a longtemps, bien avant que cette salle soit rénovée [la salle Jean Monnet, à Meudon-la-Forêt, NDLR]. Ici, il y a même des photos de moi à l’époque. Je devais avoir 16 ou 17 ans. Après quatre ou cinq ans de pratique, je me suis blessé à l’épaule. J’ai eu des problèmes d’articulations et plusieurs blessures d’affilée. Alors je me suis arrêté. J’ai fait un peu de foot pour ne pas arrêter le sport. En revenant à la salle, Claude N’Saka, mon entraîneur de boxe et mentor dans les sports de combat, s’entraînait au jujitsu brésilien. Sur le tatami, il était avec Karim Hamladji, quelqu’un que je connais depuis longtemps. Nous étions voisins à Meudon-la-Forêt, c’était comme un grand frère pour moi. Il m’a montré et j’ai tout de suite accroché. Depuis, je n’ai jamais lâché.

Votre progression a été fulgurante. Comment se sont passés les premiers entraînements ?

R. H. : La première fois, je n’avais même pas de kimono, j’ai appris en short. Karim m’a expliqué les règles. Son équipe était en pleine préparation des championnats d’Europe et des mondiaux. C’était vraiment une grosse saison, ils n’avaient pas beaucoup de temps à me consacrer. Mais à l’époque je faisais 95 kg, ce qui les aidait car je leur opposais une résistance physique. Techniquement, ça les faisait travailler et moi, ça me permettait d’apprendre les gestes. On était en petit comité, dès que je faisais une erreur on me recadrait aussitôt. Je suis arrivé au meilleur moment.

Quand avez-vous participé à votre première compétition ?

R. H. : Quatre mois après avoir commencé. C’était une compétition nationale, le Spirit. Je suis arrivé deuxième, alors que je connaissais à peine toutes les règles ! Je suis un compétiteur, déjà en boxe thaï j’adorais ça. Quand je suis arrivé face à quelqu’un de mon grade, je m’étais déjà entraîné avec des athlètes qui font des podiums à l’échelle européenne, alors ça n’a pas posé de problème. En 2015, j’ai passé plusieurs mois à Rio à la GF team, entraîné par Julio Cesar. C’est une équipe équivalant au Barça en football! Aujourd’hui, je m’entraîne deux fois par jour du lundi au samedi avec la Zteam, à Boulogne-Billancourt et à Meudon. Sans cette fréquence, je ne pourrais pas assurer les compétitions. Je viens de remporter le titre de champion de France à Paris avant de partir pour les World Pro à Abou-Dabi. Je me prépare aussi pour les championnats du monde d’une des deux fédérations internationales, à Los Angeles.

Pouvez-vous nous donner un aperçu des règles ?

R. H. : Le jujitsu brésilien est un sport de préhension. C’est un dérivé du judo traditionnel, né dans les années 1920 au Brésil. Le but est d’amener le combat au sol et de soumettre son adversaire en utilisant des clés d’articulation ou d’étranglement. Le tout dans un temps imparti. Il y a aussi un système de points pour départager. Dans une compétition, on enchaîne cinq ou six combats de 6 à 10 minutes,selon les catégories. Aux championnats d’Europe à Lisbonne, j’ai fait dix combats en deux heures, toujours en tension.

Comment imaginez-vous la suite ?

R. H. : D’abord recevoir ma ceinture noire. J’aimerais avoir ma propre académie et donner des cours, à des adultes mais aussi à des enfants, pour transmettre les valeurs du jujitsu brésilien : rester humble, sérieux, persévérant. Et puis continuer la compétition surtout, parce que j’ai ça dans le sang. MH