Robin Lerville, héros d’un jour

À 18 ans, Robin Lerville a reçu le 7 octobre le prix du civisme pour la jeunesse 2017, décerné par l’association nationale des membres de l'ordre national du mérite. La raison ? une intervention salvatrice, en bas de chez lui, auprès d’une victime d’un malaise cardiaque.

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Robin s'est vu décerner son prix du civisme pour la jeunesse, le 7 octobre 2017 à Courbevoie.

Pouvez-vous nous raconter ce qui s’est passé ce jour-là dans l’entrée de votre immeuble ?

C’était en novembre 2016, il était environ midi et je descendais de chez moi pour aller à un rendez-vous. J’habite en haut de la route des Gardes dans le quartier de Bellevue. Dans le hall d’entrée de mon immeuble, je croise une dame âgée qui semblait avoir besoin d’aide pour porter ses bagages. Elle venait rendre visite à l’un de mes voisins du 3è étage. Je lui ai proposé de l’aide et j’ai monté ses sacs les plus lourds par l’escalier. C’est en redescendant que je l’ai vue étendue au sol, presque inconsciente. Elle était accompagnée d’un homme qui a immédiatement appelé les pompiers. Je suis intervenu instinctivement, en commençant par ouvrir sa veste car elle avait l’air de s’étouffer…

Vous avez réussi à garder votre sang-froid pour porter secours à cette femme ?

Honnêtement, je n’ai pas vraiment réfléchi. Cela s’est passé en quelques minutes. Je pense aussi que le fait de ne pas connaître la personne m’a permis de ne pas trop paniquer. Elle suffoquait donc j’ai essayé de lui faire un massage cardiaque. C’est ce quel’on voit souvent dans les films ou à la télévision. Plus sérieusement, j’avais surtout été sensibilisé aux premiers secours lorsque j’étais au collège. J’ai rapidement eu les pompiers au téléphone. Ce sont eux qui m’ont guidé ensuite en me donnant le bon timing pour procéder au massage, pour appuyer sur le thorax à intervalles réguliers.Je me rappelle aussi avoir mis ma veste sous sa tête pour la maintenir droite. Au début je n’ai même pas pensé que c’était grave, j’ai cru qu’ils’agissait d’une chute et qu’elle allait se réveiller. Le massage cardiaque, c’était un réflexe.

Que vous ont dit les pompiers à leur arrivée ?

Ils sont arrivés très rapidement, en 5 minutes environ. Ils ont tout de suite pris le relais et ont emmené la dame sur une civière. Je leur ai expliqué la situation et ils m’ont dit que j’avais bien réagi, que mon intervention avait été décisive. J’ai appris ensuite qu’ils avaient été surpris de savoir mon âge car je leur paraissais plus âgé au téléphone! C’était peu de temps avant mes 18 ans. Ils m’ont aussi proposé de m’inscrire à un stage de secourisme. Ce n’est pas encore fait mais je vais m’y mettre !

Cela n’a pas éveillé de vocation particulière chez vous ?

Non, vraiment j’ai agi par instinct. Je me suis juste dit qu’il valait mieux intervenir plutôt que de ne rien faire.J’étais là au bon moment et j’ai fait ce que j’ai pu. Cela me paraît normal et ne m’a pas demandé de compétence particulière !

Vous avez des nouvelles de cette femme à qui vous avez contribué à sauver la vie ?

Je sais juste qu’elle n’est pas meudonnaise et qu’elle a 88 ans. Elle vit maintenant dans une maison de retraite.

Et vous, quels sont vos projets ?

J’ai arrêté l’école il y a quatre ans. À l’époque, je m’étais inscrit au CNED pour des cours par correspondance.J’ai aussi fait quelques petits boulots, notamment dans la restauration, et ces dernières années j’ai pas mal voyagé. Je suis allé en Espagne, au Canada et au Japon, où je prévois de retourner bientôt. À la base, j’étais surtout fan de mangas et depuis deux ans, je me passionne pour la culture japonaise dans son ensemble. Disons qu’avant je n’étais pas assez mature pour m’intéresser à grand-chose d’autre que moi-même. Maintenant mon rêve ce serait d’ouvrir un restaurant français là-bas. CR