Stéphane Weibel, à la croisée des innovations

Meudon est un territoire d’innovations qui attire… les innovateurs. Et Stéphane Weibel en est un. À 46 ans, cet homme plein d’énergie et d’idées a créé, en 2015, la startup Holomake©. Dédiée à la réalité augmentée et intégrée à la très sélect French Tech, elle a lancé son premier produit.

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Né à Mulhouse en 1970, il devient ingénieur spécialisé dans la visualisation 3D dès 1997. Stéphane Weibel s'installe à Meudon en 2011. Il créé la startup HoloMake© en 2015 et lance la solution QroKee®

Déjà dirigeant d’une société de conseil depuis 7 ans, pourquoi relever le défi de créer une startup ?

Stéphane Weibel : Je n’en reviens toujours pas d’avoir commencé à travailler au moment de la naissance des e-mails et du Web (sourire)… La période est incroyable pour ces technologies qui stimulent mon envie constante de créer. Ensuite, parce qu’avec des jeux comme PokemonGo®, la superposition d’images de synthèse et réelles se démocratise. Marquant une différence avec la réalité virtuelle où on se coupe du réel en mettant un casque. En 2015, avec mes deux associés, l’envie était très forte de se lancer et de créer HoloMake© pour développer des produits innovants de réalité augmentée spatiale, c’est-à-dire qui servent de guide à l’action de la main humaine en affichant des hologrammes vidéo précis. Notre idée est de réinvestir le monde réel, le monde de la matière. Et pour lancer ces innovations, je tenais à rester dans un secteur du territoire de Grand Paris Seine Ouest. Finalement, les choses sont allées assez vite. On a enchaîné les salons, on a intégré les 200 startups de la French Tech et on a lancé notre premier produit : QroKee®.

QroKee® est un système que vous avez entièrement conçu en interne. En quoi consiste-t-il ?

S. W. : QroKee® est la nouvelle machine à décalquer. Avec une tablette tactile fixée sur une structure portante en bois et l’appli, on peut créer un hologramme vidéo, qui sert de calque pour dessiner, peindre, graver, sculpter…L’image-modèle apparaît sur tous les matériaux, même épais, opaques, et reste toujours visible. Toute personne sans formation particulière peut se lancer et créer.

 

L’objectif est-il seulement de proposer un outil technique novateur ?

S. W. : C’est un premier produit grand public qui est en fait un Proof-Of-Concept. L’objectif est de montrer qu’il est possible de développer une réalité augmentée utile, qui va aider l’activité manuelle. L’innovation est aussi là, dans un domaine où les outils proposés sont souvent dans un registre plutôt ludique. Et il en faut. Nous commençons par les loisirs créatifs, mais nous avons déjà en tête des déclinaisons vers l’Usine du Futur : maintenance de pièces, assistance à la soudure…

En matière d’innovation, attachez-vous aussi une grande importance à la conception ?

S. W. : Le business n’est pas tout. On veut être des entrepreneurs responsables. Les pièces de la machine QroKee® sont en grande partie fabriquées en France. Nous nous inscrivons clairement dans le Made in France. Cinq TPE de l’Hexagone nous accompagnent pour le fraisage bois ou la découpe laser. Les machines sont entièrement assemblées à Meudon ! Nous prévoyons d’embaucher une personne à plein-temps en 2017. Près de dix machines sortent chaque semaine de notre « mini-usine ». HoloMake© pousse le cercle vertueux jusqu’à faire de QroKee® un appareil réparable presque à l’infini, grâce à un design transparent qui permet d’identifier chaque pièce et d’y accéder.

Quels sont vos projets pour 2017 ?

S. W. : Nous préparons le développement de deux nouveaux produits : un QroKee® Pocket portable et dédié au smartphone et un QroKee® Pro avec moniteur et caméra, qui pourrait intéresser les graphistes professionnels ou les urbanistes notamment. Nous avons aussi le projet de développer la dimension BtoB avec les écoles, notamment, mais aussi avec l’industrie et la médecine rééducative. Ce ne sont pas les idées qui manquent. PP