Sue Andrea fait vibrer les cordes sensibles

Née en Arménie, Sue Andrea a baigné dans la musique depuis sa tendre enfance. Elle est à la fois compositrice, arrangeuse et interprète, jamais très loin d’un piano. Meudonnaise depuis quelques années, elle s’est produite le 13 mai au conservatoire Marcel Dupré.

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En concert Sue Andrea mêle des reprises de chansons françaises et ses propres compositions au piano.

Quand avez-vous découvert la musique et quand avez-vous commencé ?

Sue Andrea : Je suis née en Arménie. J’ai commencé le piano à l’âge de six ans. À cette période déjà, j’avais cette envie de musique. Chez nous, mes parents et mes grands-parents écoutaient des standards internationaux : de la variété et aussi beaucoup de musique classique. À six ans, je suis entrée au conservatoire d’Echmiadzine, la ville où je suis née. Ma mère écrivait des poèmes, elle écrit toujours d’ailleurs. J’ai commencé à composer en lisant ses poèmes, ça m’inspirait.Je préférais composer qu’étudier les morceaux pour le conservatoire. Pourtant il fallait que je les apprenne, car on avait le concours deux fois par an. Mais j’avais cette facilité de créer quelque chose à moi et je me sentais libre dans ce monde que j’avais créé.

Vous écrivez la musique et les textes ?

S. A. : Oui. Quand j’étais enfant, certaines nuits où je ne dormais pas, j’avais une espèce de sensation. Je devais composer. Ça me libérait, ça me faisait du bien. Il y avait plein d’occasions pour ça : Noël, les changements de saison, les mamans, les naissances. En grandissant j’ai découvert de nouvelles sensations : l’amour, la déception, l’empathie, la haine. Tout ça a nourri ma création. Dans la vie on peut toujours cacher notre vrai visage, mais la vraie musique ne triche pas. Elle ne ment pas. On dit tout à travers la musique, on dévoile tout.

Vous avez aussi fait partie d’un groupe ?

S. A. : En 1996, j’ai participé à la Star Academy en Arménie. J’y ai rencontré d’autres musiciens, avec qui j’ai monté un groupe. Nous faisions de la variété,je chantais mes propres compositions. Nous nous produisions sur scène. Ça a duré quatre ou cinq ans et puis j’ai dû arrêter. J’ai repris des études en langues étrangères.

Comment êtes-vous arrivée en France ?

S. A. : J’avais des amis à Issy-les-Moulineaux. J’ai appris qu’il y avait une audition pour le conservatoire là-bas alors j’ai essayé. C’était du chant lyrique,mais j’ai chanté une de mes compositions. À la fin, une des jurées m’a dit « Vous ne savez pas chanter mais vous avez une voix. Alors je vais vous apprendre à chanter. » Elle s’appelle Eva Sorova et elle est devenue ma professeur de chant. J’avais aussi une super prof de solfège. J’ai fait quatre ans au conservatoire et j’ai dû arrêter pour travailler. Mais je n’ai jamais arrêté de composer. J’ai fait des compositions pour des films, des documentaires. Grâce à un réalisateur, j’ai rencontré Florent Bidoyen en 2016. Il a son propre studio et travaille directement avec les maisons de disques,pas avec des artistes indépendants comme moi. On a commencé à travailler ensemble. Je me suis occupée des arrangements avec Théodore Eristoffet on a sorti un album de 7 titres.

Comment vous sentez-vous à Meudon ?

S. A. : Meudon me plaît beaucoup. Je ressens une âme d’artistes, un calme. La nature, l’Observatoire, c’est un lieu inspirant. Je donne des cours de piano. Trois de mes élèves sont des descendants de Marcel Dupré. Ils m’ont emmenée à l’auditorium. C’est un endroit magique, avec l’orgue du XVIIe et le piano à queue du XIXe. La sonorité est incroyable. J’ai rencontré le directeur de l’auditorium qui m’a proposé un concert. Normalement ils font des concerts classiques, moi je dénote un peu. Je fais des reprises de Ferré, Brel, Barbara et quand même à la fin, mes compositions de style classique ou un peu jazzy, en piano solo. Depuis la sortie de mon album on m’a proposé de jouer dans les bars, les restaurants,mais ce n’est pas comme ça que je conçois ma musique. Je préfère avoir mon public, devant moi, comme ici à Meudon. J’ai des concerts à venir à Metz, Lyon et en Suisse. Et je me consacre de plus en plus à la composition. J’ai des projets pour le cinéma,c’est un monde que j’adore. MH