Histoire

Rodin y a sculpté, Ambroise Paré y a séjourné, Rabelais y aurait été curé, Richard Wagner y a composé. Ville d'art et de patrimoine, l'histoire de Meudon remonte à la nuit des temps et s'est souvent confondu avec l'Histoire de France.

Les origines

Des ossements fossiles, trouvés dans les carrières de craie des Montalets, témoignent d’une présence animale sur les terres meudonnaises il y a 55 millions d’années. Les premières traces de peuplement remontent à l’époque néolithique. Quelques mégalithes sont encore visibles sur la terrasse de l’Observatoire et dans les bois. Les Gaulois appelaient ce lieu Mole-Dum et les Romains Moldunum.

Au Moyen-Âge

Le village fait partie du fief de la famille de Meudon, une famille de l’ancienne noblesse française, après avoir été la propriété du chevalier Erkenbold à la fin du xiie siècle. Un siècle plus tard, la famille de Meudon vend les terres à l’abbaye de Saint-Germain. Au XVe siècle, un manoir est bâti sur la colline. Anne de Pisseleu, maîtresse de François Ier, y a séjourné de 1527 à 1552. Après la mort du roi, le domaine est vendu à Charles de Guise, qui fît construire « La Grotte », un ensemble de pavillons ornés de fontaines. En 1550, Ambroise Paré, chirurgien du Roi, a acheté la maison de sa belle-famille. Cette demeure, qui a aussi appartenu de 1676 à 1700 à Armande Béjart, veuve de Molière, est aujourd’hui le musée d’art et d’histoire.

Meudon, terres royales

En 1654, la famille de Guise a vendu son domaine à Abel Servien, surintendant des Finances de Louis XIV. Celui-ci a fait construire la terrasse et a entrepris le boisement de ce qui sera la forêt de Meudon. En 1679, le marquis de Louvois, nouveau propriétaire, a agrandi les jardins, qu’il a fait remodeler par André Le Nôtre. Le Grand Dauphin, fils de Louis XIV, acheta le domaine en 1695 pour s’y installer. Jules Hardouin-Mansart est alors intervenu sur le domaine pour construire le château neuf à la place de la Grotte. À la mort du Grand Dauphin, en 1711, la famille royale s’est désintéressée des lieux et à la Révolution, le château vieux est devenu un établissement national pour les épreuves d’artillerie. Conséquence : en 1795, le château vieux brûle suite à une expérience de tir. Il est démoli, en 1803, sur ordre de Bonaparte mais le château neuf est restauré pour y installer le roi de Rome. Lors de la guerre de 1870, le château neuf est détruit en partie. Les ruines sont cédées à l’astronome Jules Janssen, qui en fait un observatoire. Sur le territoire de Meudon, un troisième château s’est dressé sur les coteaux de Bellevue. Vers 1750, Madame de Pompadour a pu ainsi profiter des vues sur la Seine. À la mort de Louis XV, la propriété est affectée à ses filles, qui font dessiner des jardins à l’anglaise. Sous la terrasse du château est percée une route conduisant à Brimborion. Les bâtiments du château sont démolis en 1823 pour lotir le domaine.

L’avènement du chemin de fer

En 1840, la ligne de chemin de fer reliant Paris-Orsay à Versailles avec deux gares sur la commune, Meudon et Bellevue, est inaugurée. Cette ligne est l’occasion de construire le viaduc de Val Fleury, dit pont Hélène, qui enjambe la vallée du ru d’Arthelon. L’ouvrage d’art fait 145 m de long et 45 de haut. Une autre ligne de chemin de fer est ouverte en 1887, dans la perspective de l’exposition universelle, avec deux stations : Bas Meudon et Bellevue funiculaire. Elle accompagne le développement industriel, tandis que le funiculaire relie la station de Bâteaux Parisiens à Bellevue. L’actuelle ligne C du RER est achevée en 1901 avec un tunnel de 3 350 m sous le parc de Chalais.

L’industrialisation

Le XIXe siècle est pour Meudon le temps du changement. Les activités artisanales se développent au détriment de l’agriculture et des vignobles : l’exploitation des carrières de calcaire pour la pierre à bâtir et la craie pour la fabrication du blanc de Meudon, la blanchisserie sur le ru d’Arthelon, la verrerie du Bas Meudon, les champignonnières dans les carrières désaffectées. Renault, depuis les ateliers de Boulogne, en 1898, s’étend sur le Bas Meudon. L’industrie aéronautique, puis aérospatiale s’installent naturellement à Chalais, là où préexistait un établissement aérostatique créé en 1878. Plusieurs expériences se sont déroulées dans l’actuel Hangar Y : vol de ballon captif ou vol du dirigeable « La France » en 1884, qui fut le premier vol en circuit fermé au monde. D’autres activités de recherche se développent : l’Observatoire de Paris-Meudon, la station de chimie végétale de Marcellin Berthelot, plusieurs laboratoires du CNRS.

Un havre de paix pour artistes

Meudon devient une ville prospère que les artistes éclairent parfois de leur présence. Auguste Rodin fait naître la beauté de la matière, Isadora Duncan danse, Richard Wagner compose Le Vaisseau Fantôme, Igor Tchaïkovski y joue les premières notes du Sacre du Printemps. Les peintres peignent inlassablement les paysages bucoliques de la Seine. Jean Arp invente l’art abstrait, Alberto Magnelli assemble les couleurs et les formes, Marcel Dupré improvise, Céline crie son désespoir tandis que François Stahly sculpte des fontaines monumentales. Les grands architectes ne sont pas en reste et font de Meudon un laboratoire : Jean Prouvé, André Bloc, Théo Van Doesburg.

Meudon-la-Forêt : naissance d’un quartier

Au sortir de la guerre d’Algérie et pour faire face à la pénurie de logement dans les années 1960, un vaste plan de construction est lancé. Sur les terres céréalières de Villebon, le quartier de Meudon-la-Forêt est aménagé entre autres par Fernand Pouillon.