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Les origines

Du néolithique aux Romains

La Pierre aux Moines, menhir découvert en 1893 par Marcellin Berthelot.

Des ossements fossiles, trouvés dans les carrières de craie des Montalets, témoignent d’une présence animale sur les terres meudonnaises il y a 55 millions d’années. Plus « proche » de notre ère, une campagne de fouilles menées entre 1915 et 1919 sur le secteur de Trivaux a permis de découvrir des milliers d’objets néolithiques : des pierres taillées, des tessons de poteries, des grattoirs, des couteaux en silex, des tranchets et même des débris d’une urne. La preuve était donc faite que le site fut occupé par l’homme entre -5 000 et 2 000 ans. Des mégalithes et dolmens non datés sont visibles sur la terrasse de l’Observatoire (mégalithe trouvé en 1845 sur l’actuelle avenue du Château et installé sur la terrasse en 1861) et dans les bois (la Pierre aux Moines est un menhir a été redécouvert en 1893 par Marcellin Berthelot et classé monument historique en 1895). Depuis 1896, le cimetière des Longs Réages compte parmi les tombeaux une originalité venue des landes bretonnes, le dolmen de Ker-Han. Les douze blocs ont été acheminés depuis le Morbihan pour y retrouver leur usage ancestral, celui d’une sépulture pour la famille Piketti.

Pourquoi Meudon ? Les Gaulois appelaient ce lieu Mole-Dum et les Romains Moldunum, ce qui a donné Meudon. Ce toponyme existe aussi en Bretagne, au Brésil, aux États-Unis, en Suisse…

Au Moyen-Âge

Le village Meudon devient fief royal

Stèle de Robert de Meudon
(Musée d’art et d’histoire)

Le village fait partie du fief de la famille de Meudon, une famille de l’ancienne noblesse française, après avoir été la propriété du chevalier Erkenbold à la fin du XIIe siècle. Un siècle plus tard, la famille de Meudon vend les terres à l’abbaye de Saint-Germain. Au XVe siècle, un manoir est bâti sur la colline. Anne de Pisseleu, maîtresse de François Ier, y a séjourné de 1527 à 1552. Après la mort du roi, le domaine est vendu à Charles de Guise, qui fît construire « La Grotte », un ensemble de pavillons ornés de fontaines. En 1550, Ambroise Paré, chirurgien du Roi, a acheté la maison de sa belle-famille. Cette demeure, qui a aussi appartenu de 1676 à 1700 à Armande Béjart, veuve de Molière, est aujourd’hui le musée d’art et d’histoire.

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La maison d’Armande Béjart 

Meudon, terres royales

Deux châteaux royaux

Vue du château de Bellevue – Musée d’art et d’histoire

En 1654, la famille de Guise a vendu son domaine à Abel Servien, surintendant des Finances de Louis XIV. Celui-ci a fait construire la terrasse et a entrepris le boisement de ce qui sera la forêt de Meudon. En 1679, le marquis de Louvois, nouveau propriétaire, a agrandi les jardins, qu’il a fait remodeler par André Le Nôtre. Le Grand Dauphin, fils de Louis XIV, acheta le domaine en 1695 pour s’y installer. Jules Hardouin-Mansart est alors intervenu sur le domaine pour construire le château neuf à la place de la Grotte. À la mort du Grand Dauphin, en 1711, la famille royale s’est désintéressée des lieux et à la Révolution, le château vieux est devenu un établissement national pour les épreuves d’artillerie. Conséquence : en 1795, le château vieux brûle suite à une expérience de tir. Il est démoli, en 1803, sur ordre de Bonaparte mais le château neuf est restauré pour y installer le roi de Rome. Lors de la guerre de 1870, le château neuf est détruit en partie. Les ruines sont cédées à l’astronome Jules Janssen, qui en fait un observatoire. Sur le territoire de Meudon, un troisième château s’est dressé sur les coteaux de Bellevue. Vers 1750, Madame de Pompadour a pu ainsi profiter des vues sur la Seine. À la mort de Louis XV, la propriété est affectée à ses filles, qui font dessiner des jardins à l’anglaise. Sous la terrasse du château est percée une route conduisant à Brimborion. Les bâtiments du château sont démolis en 1823 pour lotir le domaine.

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L’avènement du chemin de fer

Le pont Hélène sur la ligne Invalides-Versailles – Archives municipales

La révolution industrielle à Meudon

En 1840, la ligne de chemin de fer reliant Paris-Orsay à Versailles avec deux gares sur la commune, Meudon et Bellevue, est inaugurée. Cette ligne est l’occasion de construire le viaduc de Val Fleury, dit pont Hélène, qui enjambe la vallée du ru d’Arthelon. L’ouvrage d’art fait 145 m de long et 45 de haut. Une autre ligne de chemin de fer est ouverte en 1887, dans la perspective de l’exposition universelle, avec deux stations : Bas Meudon et Bellevue funiculaire. Elle accompagne le développement industriel, tandis que le funiculaire relie la station des Bateaux parisiens à Bellevue. L’actuelle ligne C du RER est achevée en 1901 avec un tunnel de 3 350 m sous le parc de Chalais.

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L’industrialisation

Au cœur des innovations scientifiques

La France dans le Hangar Y
en août 1884 – Musée d’art et d’histoire

Le XIXe siècle est pour Meudon le temps du changement. Les activités artisanales se développent au détriment de l’agriculture et des vignobles : l’exploitation des carrières de calcaire pour la pierre à bâtir et la craie pour la fabrication du blanc de Meudon, la blanchisserie sur le ru d’Arthelon, la verrerie du Bas Meudon, les champignonnières dans les carrières désaffectées. Renault, depuis les ateliers de Boulogne, en 1898, s’étend sur le Bas Meudon. L’industrie aéronautique puis aérospatiale s’installe naturellement à Chalais, là où préexistait un établissement aérostatique créé en 1878. Plusieurs expériences se sont déroulées dans l’actuel Hangar Y : vol de ballon captif ou vol du dirigeable « La France » en 1884, qui fut le premier vol en circuit fermé au monde. D’autres activités de recherche se développent : l’Observatoire de Paris-Meudon, la station de chimie végétale de Marcellin Berthelot, plusieurs laboratoires du CNRS.

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Un havre de paix pour les artistes

Wagner, Rodin, Stahly, Prouvé….

Auguste Rodin dans la Villa des Brillants
Musée d’art et d’histoire

Meudon devient une ville prospère que les artistes éclairent parfois de leur présence. Auguste Rodin fait naître la beauté de la matière, Isadora Duncan danse, Richard Wagner compose Le Vaisseau Fantôme, Igor Tchaïkovski y joue les premières notes du Sacre du Printemps. Les peintres peignent inlassablement les paysages bucoliques de la Seine. Jean Arp invente l’art abstrait, Alberto Magnelli assemble les couleurs et les formes, Marcel Dupré improvise, Céline crie son désespoir tandis que François Stahly sculpte des fontaines monumentales. Les grands architectes ne sont pas en reste et font de Meudon un laboratoire : Jean Prouvé, André Bloc, Théo Van Doesburg.

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Ils ont vécu à Meudon

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Meudon et les guerres

De la guerre à la réconciliation

Le 24 août 1944, la 2e DB libère Meudon – Archives municipales

Comme l’ensemble du pays, Meudon a payé un lourd tribut notamment lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle. Lors de la Grande Guerre (1914-1918), 471 morts pour la France ont été recensés par les archives municipales. Ils avaient 20 ans et sont morts sur les champs de bataille du nord et de l’est de la France. Ils étaient nés ou habitaient Meudon. Ils avaient atterri par hasard à Meudon pour se faire soigner dans l’un des hôpitaux militaires installés dans la ville. Ils venaient pour la plupart des États-Unis. Meudon compte parmi ses habitants une importante communauté arménienne, dont les premiers arrivants ont fui le premier génocide du XXe siècle entre 1915 et 1916.

Lors de la Seconde guerre mondiale, près de 140 Meudonnais et Meudonnaises ont été les victimes du conflit, qu’ils furent exécutés, bombardés ou déportés pour acte de résistance, pour refus du travail obligatoire (STO) ou pour avoir été de confession juive. Au sortir de la guerre, René Leduc, maire de Meudon en 1947, a décidé ne plus jamais revivre de guerre et d’engager la réconciliation avec l’Allemagne. Sous son impulsion, le premier serment de jumelage avec une ville allemande est signé en 1953, dix ans avec le Traité de l’Élysée qui scelle l’amitié franco-allemande.

Depuis, Meudon est devenue une ville « européenne » avec ses cinq villes jumelles sur le Vieux continent et son jumelage avec la ville israélienne de Mazkeret-Batya.

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Génocide arménien

Meudon-la-Forêt : naissance d’un quartier

Préserver l’héritage de Pouillon

Meudon-la-Forêt dans les années 70 – Archives municipales

Au sortir de la guerre d’Algérie et pour faire face à la pénurie de logement dans les années 1960, un vaste plan de construction est lancé. Sur les terres céréalières de Villebon, le quartier de Meudon-la-Forêt est aménagé entre autres par Fernand Pouillon. Aujourd’hui, le quartier connaît un renouveau avec l’écoquartier de la pointe de Trivaux, l’un des 100 quartiers innovants et écologiques de la région Île-de-France. Cet écoquartier perpétue l’héritage de Fernand Pouillon tout en positionnant la Ville au cœur des enjeux du XXIe siècle.

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50 ans de MLF

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Mise à jour le : 21 août 2020