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Le 21 octobre, les Meudonnais ont rendu hommage à Samuel Paty dans la cour de l’Hôtel de Ville et sur la place Henry-Wolf à Meudon-la-Forêt. Retour en images et discours de Denis Larghero, Maire de Meudon.

Mesdames et messieurs les enseignants, Mesdames et Messieurs les directrices et directeurs d’établissements scolaires, qui nous font l’honneur de leur présence, mes chers collègues du Conseil municipal, mesdames, messieurs, chers concitoyens,
Une fois de plus, une fois de trop, le terrorisme islamiste a frappé notre pays. Cette fois-ci, c’est la République en son cœur et en son socle qui est touchée.
Un enseignant a été sauvagement assassiné pour cette seule raison qu’il ne faisait que son métier d’éducateur à la citoyenneté, à l’éveil des consciences et à la connaissance des valeurs républicaines, à commencer par la liberté d’expression. Parce qu’il est odieux et totalitaire, parce qu’il frappe un innocent et qu’il s’attaque à l’institution et aux valeurs qui sont au fondement de notre République – de ce qui nous a construit comme Nation – ce crime inacceptable soulève une formidable vague d’indignations personnelles et collectives. Le plus terrible n’est-il pas de découvrir que de jeunes collégiens ont été mêlés à cet acte de pure barbarie pour de l’argent… ?
Samuel Paty n’avait qu’une seule ambition : faire de ses élèves les citoyens de demain, des citoyens libres capables de faire preuve d’esprit critique, d’user de cette si belle liberté d’expression qu’est celle de notre pays et qui n’existe pleinement que grâce au principe de laïcité. Il leur faisait savoir qu’il est possible, dans notre pays, de croire, mais aussi de ne pas croire, jusqu’au blasphème.
Ce crime sans équivalent nous oblige aussi à regarder les multiples agressions d’élèves ou de parent d’élèves à l’encontre des enseignants, contestant leur autorité ou leur légitimité jusqu’à les pousser à l’auto-censure. Nous ne devons pas oublier que d’autres l’ont déjà payé de leur vie : John Dowling, professeur d’anglais au pôle universitaire Léonard de Vinci de Courbevoie, lâchement assassiné en 2018 mais aussi Jonathan Sandler professeur de judaïsme au collège-lycée Ozar-Hatorah de Toulouse, exécuté par Mohamed Merah en 2012.
J’ai aussi ce soir une pensée particulière et émue pour Franck Pitiot, meudonnais, tombé sous les balles de Daech au Bataclan le 13 novembre 2015.

Ce 16 octobre 2020 devra sans doute marquer un tournant dans la défense de nos valeurs, au plan législatif et réglementaire, certes, mais surtout dans la vie quotidienne de tous les agents du service public, de l’Éducation nationale, des associations, des œuvres de jeunesse ou du sport qui sont confrontés à ce séparatisme communautaire, religieux ou sexiste de tous les jours : lorsqu’il s’agit d’enseigner la Shoah, d’aller à la piscine, de se soigner et malheureusement bien d’autres choses encore…
Nous avons la chance à Meudon de bénéficier d’une exceptionnelle diversité d’établissements scolaires, publics, privés confessionnels, non-confessionnels, professionnels ou polyvalents…Ils accueillent des élèves de toutes conditions, de toutes religions, en situations de réussite ou d’échec scolaire. En votre nom, permettez-moi de redire ici à leur personnel enseignant et encadrant notre admiration, notre reconnaissance et notre soutien ! A tous pourrait s’appliquer la phrase d’Albert Camus adressée à son professeur alors qu’il venait de recevoir le prix Nobel de littérature : « une occasion pour vous dire ce que vous avez été, vous êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. »
Face à ce drame, notre réponse se doit d’être forte et sans ambiguïté. La mémoire de Samuel Paty l’exige, son héritage aussi. Chacun doit prendre ses responsabilités quand les valeurs de la république, celles qui font le socle de notre nation, sont à ce point attaquées.
Il nous reviendra de renforcer encore nos actions de prévention en direction des jeunes, de formation et d’accompagnement de nos personnels comme nous l’avons déjà fait en 2018 mais à une autre échelle, d’accompagner toujours plus fortement les enseignants qui le souhaitent dans leurs actions d’éducation à la citoyenneté, d’aider nos partenaires associatifs à bloquer toute dérive séparatiste ou communautariste ; de multiplier les actions en direction des publics sensibles, d’être intransigeant avec tout acte d’agression verbale ou physique envers nos agents, de contribuer à mettre en œuvre sur notre territoire les mesures qui seront décidées dans les prochaines semaines pour lutter contre ces phénomènes. Nous sommes convaincus que l’école est le premier terrain de lutte contre le fanatisme religieux et nous n’y céderons rien. Mais il n’est pas le seul et nous maintiendrons et renforcerons le respect de la neutralité et de la laïcité dans nos équipements publics, n’en déplaise à ceux qui voudraient voir ce terme supprimé du règlement intérieur de ces équipements !
L’hommage à Samuel Paty auquel je vous remercie de vous associer si nombreuses et nombreux aujourd’hui est aussi l’expression d’un sursaut républicain, un appel à se redire les fondements de notre unité nationale « Liberté, Égalité, Fraternité » et d’en écarter ceux qui ne s’y reconnaissent pas.
Mesdames, Messieurs, ensemble, à la mémoire de Samuel Paty et de toutes les victimes du terrorisme, en soutien à l’ensemble des enseignants de notre pays, en union de pensée avec les cérémonies qui vont commencer place de la Sorbonne, pour la défense de la liberté d’expression et des valeurs de la République : observons, unis, une minute de silence.

Retour en images sur la cérémonie

Mise à jour le : 27 octobre 2020