Jean-Louis Constanza, faire marcher ceux qui ne marchent pas

Au sein de Wandercraft, Jean-Louis Constanza participe au développement d’un exosquelette, robot permettant de faire marcher des personnes invalides sans assistance. Un outil de rééducation qui promet une alternative au fauteuil roulant.

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Jean-Louis Constanza participe au développement d'un outil de rééducation alternatif au fauteuil roulant : l'exosquelette.

Comment a débuté votre histoire avec Wandercraft ?

L’histoire, c’est celle d’Oscar, jeune Meudonnais. C’est mon fils. Quand je lui ai offert son premier fauteuil roulant il y a sept ans, il m’a dit: « c’est super papa, merci. Mais tu es ingénieur en robotique, alors pourquoi les robots ne pourraient pas m’aider ? » Il avait 5 ans et demi. Ça a fait tilt. Je suis allé voir des entreprises qui font des exosquelettes, mais qui nécessitent un accompagnement et des béquilles. Puis, j’ai rencontré Nicolas Simon, Matthieu Masselin et Alexandre Boulanger, au moment où ils fondaient Wandercraft. Je les ai aidés à faire leur première levée de fonds puis j’ai rejoint l’entreprise à temps complet. Je suis en charge des aspects cliniques, financiers, marketing et des ventes.

Pouvez-vous nous présenter l’entreprise ?

Wandercraft, c’est 65 ingénieurs, dont la plupart sont thésards ou ont une double spécialisation, ce qui en fait une des meilleures équipes de robotique de marche au monde. Nous sommes installés en plein cœur de Paris, ce qui attire les ingénieurs du monde entier. Il y a beaucoup de créativité et un très haut niveau. Vous pouvez voir des thèses et des papiers scientifiques sur le coin des bureaux! Ils font des maths, écrivent des lignes de code, vissent des écrous et accompagnent les patients lors des essais cliniques. Ce n’est pas fréquent, cette polyvalence.
Notre organisation de startup nous permet de tester beaucoup de choses, d’aller vite, tout en respectant un protocole médical strict. Dans notre exosquelette, on met quand même quelqu’un de plus fragile que la plupart des gens.

Que permet de faire votre exosquelette ?

Faire marcher les gens qui ne marchent pas. On s’adresse à des millions de personnes qui sont trois fois moins employées, qui ont trois fois moins accès aux études supérieures et qui souvent ne peuvent pas faire des choses simples comme franchir une porte ou une marche. Notre exosquelette est le premier robot à reproduire la marche humaine de façon autonome et sans béquille, à un stade industriel. Fin 2018, il assistera la rééducation en centre de soins et pourra à l’avenir être utilisé quotidiennement. Nos prochains défis seront de passer un trottoir, d’aller aux toilettes, d’entrer dans un véhicule… et ce en toute sécurité.

Quel a été votre parcours ?

J’ai fait SUPAERO (l’école nationale de l’aéronautique et de l’espace) avec l’idée de devenir spationaute. Trop myope, je me suis dirigé vers la robotique. J’ai travaillé dans le domaine militaire, puis j’ai bifurqué dans les télécoms, où j’ai contribué à développer plusieurs entreprises. Mon parcours me permet de saisir à la fois les enjeux médicaux et techniques dans le développement de nos exosquelettes. Ma profession est aussi une passion et une vocation. MH