Laurence Bobillier et les puits du désert

Présentatrice TV à France 3, chaîne où elle a passé presque toute sa carrière, Laurence Bobillier est depuis le début des années 90 un visage familier de la télévision française. Meudonnaise, la journaliste s'investit par ailleurs auprès de l'association "Les puits du désert", subventionnée par la Ville, qui œuvre pour favoriser l'accès à l'eau dans le nord du Niger.

Quels sont les projets de l’association Les puits du désert à Meudon ?

La première étape sera événementielle, avec le concert du groupe Kel Assouf, le 14 septembre au centre d’art et de culture. Son leader Anana Harouna est accompagné par Toulou Kiki, actrice principale du film Timbuktu. Ils sont originaires d’Agadez au Niger et leurs compositions mêlent musique africaine, rock et chants traditionnels touaregs.
Nous souhaitons par ailleurs mettre en place des projets sur le thème de l’accès à l’eau dans le monde, dans le but de faire comprendre, notamment aux jeunes, que l‘eau est le bien le plus précieux. Nous aimerions développer des projets pédagogiques à long terme sur ce sujet et pourquoi pas établir des liens entre les écoles d’ici et de là-bas.

Quelle est la vocation des Puits du désert dont vous êtes la marraine ?

L’association a été créée en 2004 par son actuelle présidente, Christel Pernet, mon amie depuis 20 ans. Elle intervient dans le nord du Niger auprès des populations défavorisées. Ses objectifs sont de faciliter l’accès à l’eau, aux soins de base, et ainsi contribuer à faire diminuer la mortalité infantile. Le Niger est désertique à 80 %. C’est l’un des pays les plus pauvres du monde, le dernier en terme de développement humain selon l’ONU. Là-bas, un enfant sur cinq n’atteint pas l’âge de 5 ans et seuls 3 % de la population ont accès à un point d’eau.

Comment est née cette association ?

En 2002, Christel, qui est pilote d’avion, effectuait un vol humanitaire en Afrique pour Aviation sans frontières. Une panne de moteur l’obligea à atterrir au hasard dans la région de Tidène au Niger où elle fit une rencontre déterminante: un Touareg, Mohammed Ixa, lui montre l’alarmante situation liée au manque d’eau.
Aujourd’hui, il vit toujours dans le désert et est le président de l’ONG Tidène, maître d’œuvre des opérations et lien entre Les puits du désert et les populations locales. Car nous mettons un point d’honneur à entretenir un contact direct avec les gens qui agissent sur place. Il s’agit de zones à risques, proches de territoires sur lesquels sévissent des groupes terroristes.

Quelles actions ont été menées au Niger ces dernières années ?

Grâce à l’action conjointe des Puits du désert et de Tidène nous avons construit 15 puits villageois pour alimenter des villages en eau potable, 100 puits pastoraux pour abreuver les troupeaux des nomades et 116 puits maraîchers pour la culture agricole. Au-delà du simple accès à l’eau, la construction de ces puits permet de libérer les enfants et les femmes de cette tâche et d’avoir ainsi accès à l’éducation, d’aller à l’école… Seuls 28 % des Nigériens de plus de 15 ans sont alphabétisés. Il y a beaucoup d’enjeux majeurs derrière le plus vital, celui de l’eau. CR