Olivier Mahy, les jeux sont faits

Meudonnais et professeur d’EPS dans un lycée professionnel, Olivier Mahy, 37 ans, est aussi un passionné de jeux de société depuis qu’il a créé lui-même ses premiers prototypes. L’un de ses concepts, un jeu de plateau avec des glaçons en guise de pions, a été édité par Ravensburger l’été dernier.

Comment vous est venue l’idée de créer vos propres jeux de société ?

C’était il y a 10 ans, après des vacances entre amis, j’ai eu l’idée de faire un jeu de cartes. J’ai toujours aimé jouer, dès le plus jeune âge, avec mes parents. J’ai ensuite fait un autre jeu autour de mon autre passion, le tennis de table (ndlr : Olivier Mahy a joué en Nationale 2 avec l’équipe première de l’ASM). Mais celui-ci n’a pas été édité. C’est en 2011 que m’est venue l’idée d’Ice3 (prononcer « Ice Cube »), un jeu avec des glaçons. Cette année-là  j’ai obtenu le prix de la créativité au festival Ludix (festival de prototypes de jeux de société). Un mois après sa sortie, en 2012, j’ai reçu  la médaille d’or au concours Lépine pour ce jeu.

Quel est le concept de ce jeu ?                                                                                                                     

Chaque joueur a un glaçon et doit atteindre l’arrivée avant que celui-ci ne fonde. Les adversaires utilisent leurs cartes pour essayer de le faire fondre : en soufflant dessus, en le frottant, en mettant du sel ou de de l’eau dessus. C’est très interactif et convivial.  J’ai fait mes prototypes « maison »avec des verrines, une boule à thé… il fallait trouver un moyen de ne pas inonder tout le plateau ! Le jeu a été repris l’an dernier par Ravensburger, un célèbre éditeur de jeux de société, sous le nom de «Cool running ». Pour l’anecdote il s’agit du titre original du film Rasta Rocket !  En octobre dernier le jeu a été récompensé dans la catégorie des « jeux innovants » au festival d’Essen en Allemagne, le plus grand festival de jeux au monde.

Vous êtes aussi à l’origine de jeux pour les tout-petits…

Développer mon premier jeu m’a permis de découvrir le milieu de la création ludique. Cet univers m’a plu et m’a motivé à concrétiser de nouvelles idées. Certaines ont été acceptées, d’autres non. Lorsque mon premier fils est né, en avril 2012, j’ai voulu concevoir des jeux pour enfants, comme Folanimos, édité par Djeko. C’est un jeu de rapidité et d’observation sur les animaux, à partir de 4 ans.

 

Quels sont vos prochains projets ?

D’ici 2020, six de mes jeux doivent être édités. L’un d’entre eux est une sorte de Pictionary inversé où le joueur doit deviner ce qu’il est en train de dessiner. Le prototype a reçu le prix du public au festival Ludix en 2014.

 

Sinon, à quels jeux jouez-vous le plus ?

À la base je n’ai pas une grande culture du jeu. Je pense que c’est ce qui me permet d’avoir un regard neutre, de ne pas être trop influencé par ce qui existe. D’ailleurs je vais souvent à la ludothèque de Meudon-la-Forêt pour demander conseil et avoir des retours sur mes prototypes, pour savoir si tel concept est déjà pris ou pas. Sinon je m’amuse facilement avec un Time’s Up un Jungle Speed, des classiques ! Quand j’étais petit c’était le Cluedo ou Othello, des jeux qui ont bercé notre jeunesse et qui existent encore. CR