Quentin Kurc-Boucau, un triathlète hors normes

Quentin Kurc-Boucau a terminé troisième au classement général lors de l’Ironman* de Floride, en novembre. Il décroche sa qualification aux championnats du monde à Hawaii. Plongée dans un univers de performances hors normes.

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Quentin Kurc-Boucau participera au championnat du monde de triathlon le 3 novembre 2018 à Kona, à Hawaï.

Quand a débuté votre passion pour le triathlon ?

Ça a commencé par un job étudiant. Un mercredi, mon patron me demande : « dimanche, ça te dit de faire un triathlon ? » Je lui réponds : « Non, pas vraiment ! » Il m’avait déjà inscrit et on y est allés ensemble. J’ai fini en plus de trois heures…Mais j’ai pris du plaisir ! Ça m’a mis le pied à l’étrier et j’ai enchaîné sur le triathlon de Paris. En 2013 j’ai fait mon premier Ironman à Whistler, au Canada. J’ai terminé 1er de ma catégorie, ce qui m’a qualifié pour les championnats du Monde. Ce n’était pas vraiment prévu. J’ai fait une semaine de pause et je suis reparti au charbon dans la foulée !

Comment vous préparez-vous pour le championnat du Monde ?

Je prends un congé sabbatique à partir du 29 mars. J’ai la chance d’avoir un coach parmi les trois ou quatre plus grands en France qui m’accompagne dans ma préparation. J’entre dans une phase d’entraînement intensif, à 20 voire 25h par semaine. Ce que je veux, c’est faire le meilleur temps à vélo. Je ne m’arrêterai pas tant que je n’aurai pas réussi. En avril je pars en stage à Majorque, en mai je fais l’Ironman de Lanzarote, en juin le triathlon de Deauville, en juillet et août je suis dans le sud de la France, fin août j’ai le semi-Ironman de Vichy et je m’envole mi-septembre pour Hawaii pour me préparer avant la course.

En course, vous pensez à quoi ?

J’aborde la natation de façon très cool. Pour moi, la course commence au vélo. Devant moi j’ai le compteur avec toutes mes données, et je ne pense qu’à ça. Au bout d’une heure de course je suis souvent bien placé. Ensuite, en course à pied, je suis plutôt euphorique dans les premiers kilomètres, puis au fur et à mesure que l’énergie baisse, je le suis de moins en moins, jusqu’à souffrir vraiment. Un Ironman, c’est quand même très dur. À chaque fois, je me dis « plus jamais ! » et puis assez vite je m’y remets. Pendant la course, mes pensées vont toujours à mon père et à ma femme, qui m’accompagnent à chaque fois. Sans eux je ne pourrais pas. D’ailleurs, sur la course que j’ai le moins bien réussie, ils n’étaient pas là.

Comment envisagez-vous la suite ?

Il faut que je sois champion du Monde ! Une fois que j’aurai eu ça, je pourrai me mettre à la pétanque (rires) ! J’ai ma vie à Meudon que j’adore. Ma femme et moi sommes tombés amoureux de cette ville. Ce que j’aime, c’est partir à 4h du matin l’été et voir le soleil se lever en forêt. Démarrer la journée comme ça, c’est beau ! MH

* Ironman : la plus longue distance en triathlon(3,8 km de nage, 180,2 km de vélo et 42,195 km de course à pied).